Sentiment de rejet pendant l'éveil spirituel
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Sur notre chemin d'éveil à la spiritualité, nous pouvons ressentir une profonde blessure de rejet vis-à-vis de notre entourage.
Intérieurement, nous nous ouvrons, nous percevons et communions avec un grand nombre de connaissances, de réminiscences, de retrouvailles avec notre soi.
Mais plus nous nous rapprochons de nous-mêmes, plus cela crée un éloignement avec l'extérieur.
Notre floraison peut susciter de l'incompréhension, car ce changement, qui n'est en fait que la prolongation d'un processus naturel, peut être inattendu, voire brutal pour les autres.
Nous pouvons ressentir du rejet, du jugement, l'impression de trahir l'autre en nous montrant enfin sous notre vrai jour.
Nous avons du mal à comprendre leur réaction et nous nous mettons à leur en vouloir de ne pas avoir la capacité de nous accueillir, de nous accepter.
« C'est vraiment trop injuste ; alors que je me retrouve, je le/les perds. »
À travers ce grand passage, qui peut être durement inconfortable, il y a une initiation d'amour où nous sommes éprouvés pour encore plus nous retrouver... en Dieu.
Je m'explique :
Lorsqu'on s'éveille à notre nature divine dans un contexte familial, amical ou amoureux qui n'est pas encore conscient de cette vérité, nous avons là un bel apprentissage, car c'est bien nous qui sommes en train de nous éveiller, et non l'autre.
C'est donc à nous de faire preuve de sagesse, de compréhension et d'amour inconditionnel envers l'autre. C'est nous qui avons la chance, la bénédiction d'être à présent sensible à ces qualités divines qui s'écoulent silencieusement en nous ; c'est donc à nous d'en exprimer la nature, le parfum, la beauté.
C'est à nous de témoigner, et non à l'autre qui, à ce jour, est encore aveugle, sourd à toute cette dimension fondamentale de la vie. Comment en vouloir à cet autre de ne pas avoir la capacité de nous accueillir, s'il n'est lui-même pas en capacité d'accueillir sa propre nature ?
Lorsque je reproche à l'autre de me rejeter, est-ce que moi-même, si je suis honnête, je ne me suis pas mis à le rejeter, sous-entendu qu'il n'en est pas encore là où j'en suis ?
Si c'est moi qui m'éveille à l'amour inconditionnel, c'est à moi de déposer cet amour sur l'autre. Je ne peux pas lui en vouloir de ne pas être encore en mesure d'en témoigner à mon égard.
Si c'est moi qui m'éveille à la clairvoyance, c'est à moi de voir l'autre pour ce qu'il est, comme un enfant de Dieu qui grandit du plan inconscient au plan conscient à son rythme. Je ne peux pas lui reprocher de ne pas me voir pour ce que je suis, puisque lui-même ne se voit pas. Et ainsi de suite pour chaque qualité divine.
Si nous avons la bénédiction de nous éveiller, c'est à nous de témoigner envers ceux qui ne le sont pas encore. On ne peut pas attendre l'inverse. Sinon, cela ne fait que renforcer la fracture.
S'éveiller à la spiritualité ce n'est pas un éveil d'accumulation de connaissances, de croyances, là pour rassurer notre identité, notre « Qui suis-je ? », qui, d'après notre bon vouloir, devrait être validé par l'extérieur.
S'éveiller est un processus intime, invisible, qui demande à éprouver ce que l'on est en train de rencontrer à l'intérieur de nous-même.
Oui, vous aimeriez que l'autre puisse conscientiser comme vous la nature de l'univers, la véritable histoire de notre monde, mais êtes-vous prêt à incarner l'amour inconditionnel, la tolérance, la compassion, la paix pour quelqu'un qui en est encore inconscient, voire même dans le rejet ?
C'est donc là où nous sommes éprouvés. Le principe supérieur ne veut pas faire de nous de bons croyants, de bons sachants, mais de réels témoins de sa volonté, de son essence, de sa nature.
Est-ce que Dieu se chagrine à l'idée de n'être pas aimé, compris, reconnu, accueilli ou validé par ses enfants ? Est-il dans l'attente ou la déception face au rejet ? Non, il EST et continue d'être, ainsi que de donner, de souffler, d'éclairer, peu importe, car c'est cela s'éveiller en Dieu : c'est éveiller en nous son image afin de la faire croître et qu'ainsi elle devienne un miroir de contemplation pour l'autre.
Ainsi, je ne cherche plus à convaincre l'autre, je fais qu'incarner, refléter la beauté de la vérité qu'il porte aveuglément en lui et, naturellement, à son rythme, l'autre s'ouvrira. Mais c'est une ouverture que l'on ne peut placer dans une attente ou chercher à contrôler.
Alors, accueillez ce temps de rejet comme la bénédiction de pouvoir éprouver, témoigner de la grandeur qui vous habite, car c'est ainsi que vous ferez réellement son œuvre.
Jade Rosenbaum
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