Oser sacrifier les idoles et autres images
- 6 déc. 2025
- 3 min de lecture

"Dans le royaume où nous nous trouvons, règne une princesse qui a de l’esprit comme un ange. C’est qu’elle a lu toutes les gazettes qui s’impriment dans l’univers, et surtout qu’elle a eu la sagesse d’oublier tout ce qu’elle y a lu."
Dans cet extrait du conte "La reine des neiges", Andersen nous rappelle l'importance de laisser mourir, je dirais même d'oser sacrifier les images, les représentations, la compréhension mentale du mystère de l'éternel, lorsqu'on se met à penser, à croire "ça y est, je suis arrivé, j'ai tout compris".
Sur la voie initiatique, dès que l'on touche à des émanations de l'absolu, naturellement, l'intelligence supérieure se met au service pour rendre intelligible ce que l'on a reçu, afin de l'appréhender par tous les corps, de l'assimiler et de l'ancrer dans la matière.
Ainsi, les représentations, les symboles, les mots sont initialement le signe que l'intelligence supérieure réussit à traduire l'information, nous permettant de ressentir silencieusement, dans l'intime, des épiphanies, des mises à jour.
Cependant, le mental inférieur récupère et a tendance à enfermer cette information dans la forme à travers laquelle il l'a définie, la délimite.
C'est là que le piège se referme, et c'est pour cette raison qu'une des qualités pour avancer sur cette voie est la capacité à sacrifier nos représentations, nos champs de compréhension, afin de les remettre comme des offrandes à la grande intelligence divine, pour qu'elle puisse les dissoudre et nous faire ressentir l'information contenue par la forme, au-delà, en tant qu'essence.
C'est pour cela qu'à chaque nouvelle ère, qui correspond à une mise à jour de la conscience, il y a aussi une mise à jour totale des représentations auxquelles se référer afin de communier avec l'information initiale.
Voici un exemple : dans les ères zodiacales précédentes, comme celle du Taureau et même celle du Bélier, où l'élément feu du signe a été mis au service de la densification de la matière, on avait des représentations de la mère divine associées à la nature, à un corps nu et voluptueux.
Cette association était nécessaire parce que l'humanité était dans l'assimilation de la matière et avait besoin d'un référentiel en lien avec celle-ci.
Puis, dans l'ère du Poissons qui a suivi, l'humanité était prête à entrer dans une conscience qui s'ouvre sur les eaux psychiques, davantage tournée vers le féminin, nos eaux intérieures.
Pour initier l'humanité à ce nouveau mouvement de conscience, à ce retournement vers le royaume intérieur, il était important que les Hommes soient prêts à sacrifier, à laisser mourir les représentations densifiées qu'ils avaient de la mère divine, afin de s'ouvrir à un nouveau référentiel.
Notamment avec l'image de la Vierge Marie portant le voile et invitant à une communion intérieure, où la mère divine se retrouve non plus uniquement dans la nature extérieure, mais pour la ressentir comme originellement logée dans notre nature intérieure.
Si l'on s'attache aux représentations à travers lesquelles on traduit, on communique avec le divin, on s'enferme, on limite notre capacité à ressentir la présence.
C'est pour cela que nous vivons les jours, les nuits, les cycles des saisons, pour nous apprendre à faire mourir la forme, l'image, les représentations qui nous entourent et dans lesquelles on a tendance à s'enfermer. Chaque année, la nature sacrifie les fruits de son œuvre au passage de l'été à l'hiver, afin de nous initier à faire de même et toujours renouveler notre regard.
C'est aussi pour cela qu'il est important de ne pas enfermer les principes divins en une seule image, ou encore plus limitant, chercher à quoi ressemblait exactement physiquement Jésus, par exemple, car à ce moment-là, on s'emprisonne dans la forme, en oubliant que justement Jésus a témoigné, nous a appris à mourir de l'attache à son image pour le faire renaître en nous en tant que principe vivant et vibrant.
Ce sacrifice se répète à travers les âges, on le voit à chaque nouvelle civilisation qui redéfinit tout un nouveau panthéon afin de traduire les lois universelles, et cela est nécessaire afin d'aider l'humanité à grandir en conscience et nourrir en soi une communion avec l'UNfini, qui exige de lui sacrifier ce que l'on croit voir et savoir.
Effectuer ce sacrifice ne veut pas dire redevenir inconscient, bien au contraire, car à présent, l'on sait, mais ce que l'on sait existe en nous en tant qu'essence.
Ce n'est donc plus figé par la limitation du mental inférieur mais cela permet au mental supérieur de prendre le relais et d'œuvrer pleinement.
Jade Rosenbaum 🌹
_jfif.jpg)



Commentaires