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Les Artefacts magiques dans la quête initiatique, les contes

  • 1 déc. 2025
  • 4 min de lecture

Dans les contes, les mythes et les légendes soit l'histoire ancestrale telle qu'elle nous a été transmise, il y a toujours un moment où le héros se voit remettre un artefact dit magique. Cela peut être une épée, un talisman, une bague, un vêtement particulier ou autre ; en tout cas, cet objet lui est donné pour l'aider à avancer dans son aventure, afin de lever le voile des obstacles.


Cependant, ces outils divins ne sont pas donnés à la légère à l'initié.

Celui-ci est en capacité de les recevoir parce qu'il porte en lui les qualités divines nécessaires pour les employer.

D'où cette invitation systématique : « écoute ton cœur », c'est-à-dire « écoute ton centre ».


De par cette première qualité d'écoute intérieure, de réceptivité pour se laisser inspirer, le héros s'harmonise à la volonté supérieure qui le guide vers l'objet magique adéquat pour poursuivre son initiation. L'outil apparaît, est donné en résonance avec le travail intérieur déjà réalisé ; il en est l'expression densifiée.


Mais de nos jours, dans notre Occident où le capitalisme est roi, on fait miroiter l'idée déformée que c'est en possédant, par l'avoir de l'objet, que les qualités pourront se développer.

Il suffit de voir une pub pour parfum : on nous vend avant tout un état d'être ; si tu possèdes ce parfum, alors tu seras unique, intemporelle, éternelle.


C'est le monde à l'envers. Normalement, dans le plan divin, c'est parce que tu exprimes ces qualités en tant qu'être que naturellement tu vas émaner l'odeur divine qui en porte l'information.

L'Occident est devenu un supermarché de l'outil spirituel, où l'individu est poussé à consommer un produit, un objet, avant même d'avoir développé les qualités nécessaires pour être capable de le maîtriser.


Ici, le problème n'est pas l'outil spirituel en lui-même, puisque depuis la nuit des temps il en est ainsi. La quête spirituelle est balisée par des artefacts exprimant le degré de conscience de l'être et, finalement, sa capacité à installer cette conscience divine dans la matière.


La problématique se situe dans l'humain qui aspire, depuis sa volonté personnelle, à posséder, à avoir des capacités, des pouvoirs, grâce à certains outils ou pratiques, sans avoir développé intérieurement le bagage suffisant pour supporter le degré d'exigence demandé.


Le conte de "Jack et le Haricot magique" parle très bien de cela. Jack, notre héros au profil un peu filou, dirigé davantage par sa conscience animale que supérieure, va aller dans le royaume des cieux grâce au haricot magique.

Là, au lieu de se laisser inspirer par l'enseignement initiatique transmis par le géant, il va s'arrêter au reflet de ce qui est montré et vouloir absolument posséder l'objet avant même de maîtriser les qualités indispensables.


Le géant, dans l'histoire, n'est pas l'ogre tel qu'on l'imagine dans notre monde inversé.

Le géant représente un niveau de conscience tellement exigeant que si l'on s'y approche avec des intentions animales, perverties, égoïstes, limitées, à son contact si lumineux, on ne peut être que dilapidé, dévoré. Le géant ne cherche qu'à "manger", transmuter cette part animale en Jack pour en permettre l'alchimie.

Entrer dans le royaume des cieux, comme le fait Jack, demande une certaine exigence, un certain sacrifice, comme sacrifier cette part animale en soi afin de la sublimer et de la mettre au service pour en faire des animaux de la sainteté.


Mais ici, Jack ne voit que l'objet, la dimension phénoménale du monde spirituel, et il finit par voler le reflet qui se montrera limité et éphémère.

Il va voler en premier les pièces d'or, puis, une fois épuisé, il va remonter voler l'oie aux œufs d'or, puis, à la recherche de nouvelles sensations fortes, il va finir par voler la harpe du géant.


Le géant lui a témoigné de la réelle maîtrise à atteindre, celle du verbe créateur, le verbe qui ordonne et structure et initie la ponte de l'œuf d'or et de la musique divine de la harpe. Au lieu d'assimiler la maîtrise du verbe, Jack est resté bloqué sur l'outil, l'objet, et il devra ainsi payer de son illusion en devant laisser mourir, en coupant les images déformées qu'il a cueillies dans le royaume des cieux. Lorsqu'il tue le géant à la fin, il ne tue que le reflet de ce qu'il a pu appréhender depuis son prisme limité phénoménal.


Pour pouvoir être dans le flux de l'éternel étudiant en Dieu, et donc goûter à l'éternité, il faut être prêt, sur ce chemin, à laisser mourir les images, les reflets qui nous ont aidés un temps à appréhender le mystère de Dieu.

Ce sacrifice quotidien permet de rester connecté au champ infini des possibles.


L'outil spirituel n'est donc pas une fin en soi, mais doit être l'expression d'un degré de compréhension de certains aspects du divin que l'on sera prêt à sacrifier afin de s'ouvrir au champ de compréhension suivant et plus vaste.

L'outil spirituel est avant tout une rencontre, la mise en lumière de qualités divines intérieures ; seules celles-ci sont garantes de votre vraie réalisation.


Jade Rosenbaum


Pour aller plus loin dans la quête initiatique :



 
 
 

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