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Le massacre des innocents dans notre monde

  • il y a 8 heures
  • 3 min de lecture


Dans ce tableau de Nicolas Poussin, l'horreur est au premier plan : le massacre d'un nouveau-né, de l'innocence, et une mère qui tente comme elle peut de protéger son enfant.


La scène est d'une violence insoutenable. Elle évoque un événement historique : Hérode, craignant la venue du Christ et la fin de son règne, ordonna le meurtre de tous les nourrissons de moins de deux ans.


Avec un peu de recul, il ne s'agit pas seulement de cet événement mortifère. Nous sommes confrontés au miroir de ce que notre société actuelle est appelée à voir et transcender; le massacre d'innombrables innocents, comme l'actualité le montre encore une fois, une fois de trop à ce jour.


Une mise en lumière est demandée, voire imposée, au collectif concernant le traitement de l'innocence, de l'enfant, de cet enfant divin présent en chacun.

Où commence le massacre de l'innocence ? Où sommes-nous coupables, inconsciemment, indirectement, de participer à cette mise à mort ?


Car le massacre de l'enfant, de l'innocence, se produit à bien des égards avant l'abus ou le meurtre.

Cette destruction commence insidieusement lorsque nous devenons aveugles et sourds au rythme de l'enfant, à la compréhension de ce que signifie être enfant, et à l'importance de vivre ce passage comme il se doit.


Il y a un cri étouffé qui suffoque en chacun ; il suffit de voir l'engouement pour le développement personnel, concernant la reconnexion à son enfant intérieur. Derrière cette approche maladroite, via la personnalité, se cache en réalité un véritable appel à reconnaître et à consacrer l'enfant divin en soi.


Ce que j'aime dans le tableau de Nicolas Poussin, c'est qu'il ne nous laisse pas prisonniers de l'émotionnel face à cette scène épouvantable. En tant qu'initié, il nous offre une clé, une porte de sortie qui se trouve au second plan du tableau, auprès de cette femme en bleu. Elle tient son enfant mort dans les bras, et sa posture trace un mouvement de libération.

Les yeux levés vers le ciel, elle crie sa douleur mais surtout libère sa voix, ouvre sa voie vers le Père.



Car la libération, la guérison, la réparation ne peuvent se faire dans le monde horizontal ; sinon, nous restons pieds et poings liés.

Avec l'actualité de ces derniers jours, face au meurtre d'une enfant symbole de l'innocence, la colère monte, gronde. Mais cette colère, si elle n'est pas dirigée, donnée au ciel, peut devenir une matière, une nourriture pour la bête que notre humanité cherche à transcender.

Le feu qui brûle dans la poitrine, dans la gorge, est un feu qui doit être élevé vers les cieux afin de pouvoir, comme cette femme, entrer dans l'écoute intérieure et sentir, comme la peinture le traduit, ce mouvement du souffle divin qui vient défaire les nœuds, comme ce ruban blanc qui se dénoue de ses cheveux.

Ainsi au troisième plan du tableau nous retrouvons cette union à l'enfant.


Le massacre des innocents est un événement qui se répète. Il y eut Hérode, mais avant, il y eut aussi Pharaon face à Moïse. À chaque nouveau cycle, les forces involutives, par peur de se voir mourir, tentent d'empêcher le grand passage pour la conscience humaine.

Nous-mêmes, peut-être à notre échelle, tentons de maintenir des résistances par peur de mourir, de changer, et inconsciemment, nous donnons corps à ces forces inversées.



Chaque innocent est un ange envoyé du ciel, là pour mettre en lumière cette fameuse clé et porte montrées ici par Nicolas Poussin. Il est temps de revenir au Père, de redevenir ce que vous avez toujours été : des enfants de Dieu, là pour être et acter à son image.


Jade Rosenbaum


🌼Ce fut l'un des ateliers du Cercle de l'Athan⊙r ; initiation et exploration symbolique, analogique de l'œuvre

"Le massacre des Innocents" de Nicolas Poussin.

 
 
 

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