Le féminin sauvage : le sens initiatique au-delà de la caricature
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Ces dernières années, il y a eu un fort engouement pour le féminin sauvage, offrant aux femmes la promesse de se libérer, de se réaliser.
Seulement, cet enseignement initiatique a été compris et limité au niveau des centres inférieurs, ce qui donne lieu à une performance extérieure qui tourne parfois à la caricature.
Lorsqu’on parle de féminin sauvage, cela n’a rien à voir avec les représentations actuelles qui pullulent sur les réseaux sociaux.
L’expression « féminin sauvage » vient traduire une dynamique initiatique, un mouvement auquel hommes et femmes sont appelés.
Oui, oui, l’homme aussi peut se laisser initier par le féminin sauvage, car le féminin fait ici référence au féminin de l’être, qui correspond à l’intériorité.
Car c’est le féminin qui est en capacité de venir contacter et de dialoguer avec nos parts sauvages, avec ce potentiel divino-humain endormi qui, pour le moment, ne s’exprime qu’à travers notre racine animale.
Et c’est bien là le problème du détournement du féminin sauvage : l’avoir réduit à sa racine animale. Ce que l’on croit être une libération devient alors, en réalité, une nouvelle prison.
Pour comprendre le féminin sauvage, rien de mieux que le conte de La Belle et la Bête.

La Bête représente cette dimension sauvage, ce potentiel inconscient retenu prisonnier dans son château, dans le château intérieur.
La Belle est ce féminin, ces qualités de l’être contenues dans notre noyau intérieur, qui vont venir à la rencontre de cette part jusque-là inconsciente pour l’apprivoiser et dialoguer avec celle-ci.
De par sa qualité de présence et d’accueil, la Belle, le féminin, va naturellement permettre à la Bête de se révéler dans sa véritable nature.
Cette nature réelle de la Bête n’est pas animale, mais royale.

Le féminin est ce qui permet d’entrer en relation avec notre part sauvage et d’en révéler l’origine, l’essence, la qualité initiale en Dieu.
À l’image de la Bête qui, au contact de la Belle, redevient Prince et qui, dans le conte originel, révèle également à la Belle sa propre origine royale.
De nos jours, le féminin sauvage, tel qu’il est compris, revient souvent à entrer en contact avec la Bête, avec cette part sauvage, puis à se confondre davantage avec celle-ci. Résultat : on reste dans une compréhension basée sur les centres inférieurs qui, de ce fait, enferme inconsciemment dans une approche sensationnaliste de la spiritualité.
Entrer en contact avec cette part sauvage est essentiel, nécessaire, mais il faut prendre garde à ne pas se confondre avec celle-ci et à ne pas renforcer la racine animale de l’être.
Car l’association du féminin à la dimension sauvage porte en vérité ceci : le féminin est la clé qui permet d’ouvrir la porte derrière laquelle sont contenues ces parts sauvages de nous-mêmes, ce potentiel inconscient.
Le féminin est le principe qui vient ouvrir la porte de ce potentiel afin de le révéler et de le reconduire au service du principe divin.
Jade Rosenbaum
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