" La Reine des Neiges" le conte original - Initiation et symbolisme
- 27 déc. 2025
- 3 min de lecture

Mise au monde de l'Enfant Divin
avec le conte de " La Reine des Neiges"
Ce que j'aime avec les contes d'Andersen, c'est qu'ils sont clairs comme de l'eau de roche sur leur intention initiatique ainsi que sur là où l'histoire souhaite nous emmener.
Bien que je soulève la notion de clarté dans son intention, c'est aussi au lecteur d'aller à la rencontre du conte avec cette même clarté pour ne pas tomber dans l'interprétation dogmatique, moralisatrice ou uniquement émotionnelle, comme ça peut-être le cas avec "la Petite Fille aux Allumettes".
Le conte de "La Reine des Neiges" est un très bon exemple puisque voici comment se termine l'histoire, ce qui nous donne une grille de lecture pour l'ensemble du récit :
"La grand’mère était assise au soleil et lisait dans la Bible : « Si vous ne devenez pas comme des enfants, lisait-elle, vous n’entrerez pas dans le royaume de Dieu. »
Kay et Gerda se regardèrent et comprirent le vieux refrain : "Les roses fleurissent et se fanent. Nous verrons bientôt l’Enfant Jésus."
[...] se tenant par la main. Ils avaient grandi, et cependant ils étaient encore enfants, enfants par le cœur."
Très clairement, il nous est annoncé que ce conte est une aventure initiatique pour faire naître en nous l'enfant divin afin d'entrer dans le royaume de Dieu, mais aussi afin de l'incarner pleinement par le cœur dans la matière.
Pour permettre cette naissance, le conte nous dessine une dynamique entre les personnages féminin et masculin très intéressante.
Alors que dans la plupart des contes le féminin est relié à l'intériorité et le masculin à la dynamique émissive, ici, avec nos héros, c'est l'inverse.
Kay, le petit garçon, va être enlevé par la Reine des Neiges, et va se retrouver prisonnier dans son palais de glace.
Et c'est Gerda, la petite fille, qui va partir à sa recherche afin de le délivrer.
Kay, le masculin, est initié à développer sa polarité féminine alors que Gerda est initiée à développer sa polarité masculine.
Et ceci est un enseignement issu de la science initiatique, notamment mis en lumière par le maître Omraam dans son ouvrage "Noël et Pâques dans la tradition initiatique" :
"Certains processus de la vie spirituelle nécessitent un changement de polarité. Le disciple qui désire faire naître le Christ en lui-même […]
S'il est un homme, il doit se polariser négativement, devenir comme une femme, c'est-à-dire cultiver des qualités d'humilité, de douceur, de patience.
[...] quand il s'agit de mettre lui-même un enfant au monde dans le plan spirituel, il faut qu'il prenne une polarité féminine en développant les qualités correspondantes afin d'attirer l'Esprit cosmique. "
"Une femme peut également créer un enfant divin, mais elle aussi doit changer de polarité [...] dans le plan spirituel, elle doit devenir active et s'unir à l'Âme universelle. C'est elle qui doit arriver à capturer l'Âme universelle et l'enfant naîtra."
On comprend donc pourquoi Gerda est poussée à déployer sa dynamique émissive et Kay sa dynamique réceptive, car chacun met en lumière le processus à appliquer pour faire naître le Christ en soi et dans le monde.
La Reine des Neiges qui enlève Kay et le garde en otage symbolise le féminin amputé de la chaleur du cœur.
Kay a reçu un morceau de miroir du diable qui déforme, inverse sa perception des choses et surtout qui le coupe de sa reliance à son intérieur ainsi que de sa reliance à sa meilleure amie Gerda.
Il n'est plus qu'en surface de lui même enfermé dans son mental inférieur, le morceau de miroir le scinde en deux, coupe le lien d'union avec son féminin comme le dit Omraam : "ceux qui ont répudié Marie (soit le mariage avec le féminin en soi) se sont desséchés et ils n'ont plus que l'intellect qui disloque, qui critique, qui est toujours mécontent."
La Reine des Neiges est le résultat, l'expression personnifiée d'un intellect coupé de la chaleur, de la conscience éclairée du cœur.
Et donc le féminin qui s'exprime et prend possession de nous est froid, stérile et nous fige dans nos formes-pensées mentales et astralisées.
C'est notamment pour cela qu'elle condamne Kay à former avec des morceaux de glace le mot "éternité", mais ceci est un mirage dans lequel le petit garçon s'acharne et se meurt, puisqu'il est impossible de figer dans la forme l'éternité.
Grâce au déploiement de la polarité masculine de Gerda, de son élan à partir à l'aventure à la recherche de Kay (mais surtout de cette part en elle) et de son intention pure et loyale, il va être libéré.
Et ici, l'intention pure, nourrie par un haut idéal et nos efforts, suffit à attirer à nous les bonnes grâces afin de soutenir cette mise au monde.
Jade Rosenbaum ❄️
Vidéo complète :
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