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La sexualité chez les sages

  • 25 janv.
  • 4 min de lecture


On pourrait croire que le sage est celui qui a renié, s'est détourné de toute sexualité, alors qu'en réalité, c'est une force qu'il a appris à sublimer.

Pour sublimer, élever, il faut d'abord oser aller à la rencontre, reconnaître pour mettre à jour et se familiariser, apprivoiser cette énergie.


Un sage ne fait que revenir au sens initial de la sexualité, éclairé par les centres supérieurs.

L'union charnelle que l'on vit sur le plan horizontal, à travers l'union du cœur et du corps, est simplement vécue de façon subtil sur le plan vertical.



Lorsqu'on parle de s'unir à Dieu, en la présence divine en soi, on va retrouver le même vocabulaire que lorsqu'on fait l'amour dans la matière.

Nous sommes tous appelés à nous unir à notre polarité féminine afin de devenir époux du Christ en soi.

L'ouverture du féminin permet de devenir réceptif à la semence divine, on se laisse pénétrer par l'Esprit pour être fertilisé et mettre ainsi au monde l'enfant divin, le Christ-AL.


C'est d'ailleurs par la maîtrise de la force sexuelle, la reconnaissance divine de l'éros, que l'on peut mettre au monde le divin enfant, car sans cette énergie, on s'enferme dans une passivité, dans une attente où l'on place Dieu en dehors.

Intégrer la force sexuelle et la mettre au service de la volonté divine permet d'embrasser sa nature de créateur afin d'agir dans le monde.


Lorsqu'on est en Dieu, on vit une passion dont témoignent les grands mystiques, c'est un vrai feu qui nous anime.

Être en Dieu est tout sauf austère, c'est un feu tellement grand, tellement puissant qu'il ne peut que se donner, s'offrir, se répandre dans le monde.


Combien placent le royaume des cieux dans un ailleurs, en dehors, sans se rendre compte que c'est à eux de l'enfanter ici sur terre, à travers leur corps de chair.



Dans notre monde, il nous est donné l'occasion d'expérimenter la passion amoureuse, et celle-ci est une initiation divine.

Cette expérience que de nombreux humains ont vécue, comme Héloïse et Abélard, est une occasion donnée à l'homme pour que soit réveillé en lui le feu sacré, un feu si puissant, si ardent que, s'il reste limité à la réciprocité en l'autre, il finit par nous consumer.


L'impossibilité d'une passion amoureuse n'est pas un échec, mais le message d'Amour où l'intelligence divine souhaite nous apprendre à verticaliser ce feu en Dieu, à l'élever pour qu'il s'offre à l'ensemble de l'humanité, pour devenir Amour inconditionnel.


Le feu de la passion qui détruit est la promesse du feu sacré immortel de la passion en Dieu, qui ouvre à devenir cette source d'Amour inépuisable pour l'ensemble de l'humanité, de la création qui unit au créateur.



Le feu sacré, c'est le ça-crée. Le « ça » chez Freud, c'est la partie primitive logée dans l'inconscient. C'est le réservoir des pulsions et des désirs, notamment des pulsions sexuelles et de violence. C'est une force à apprivoiser et non pas à rejeter, car une fois reconnu, mis au service, ce « ça » devient créateur et devient sacré.


Comme en témoigne Etty Hillesum sur sa passion amoureuse (bientôt une vidéo à son sujet) : « C'est en souffrant que j'apprends ce que je sais, et que j'apprends à partager son amour avec toute la création, tout le cosmos. Mais c'est le passage obligé pour accéder soi-même au cosmos. »


L'impossibilité avec l'autre est une redirection d'Amour pour l'UN possible en Dieu, afin d'aimer à son image.

Ce feu brûlant réveillé dans les centres du bas est appelé à être apprivoisé par le cœur et donc ouvert, élargi, non pas vers une présence manifestée, mais vers l'infini du non-manifesté. C'est un Amour que l'on fait grandir de façon plus vaste.


« L'idée de me perdre en un autre être a disparu de ma vie, il n'en reste peut-être que le désir de "me donner" à Dieu. » E. Hillesum


Nous sommes tous le fruit de cette force, par le biais de nos parents de chair, mais aussi au niveau du le plan cosmique, par nos parents universels, univers vers le ciel.


La sagesse n'est pas de refouler, rejeter la sexualité, mais d'embrasser le sentiment qu'elle peut être vécue dans son essence, de façon supérieure.


Lorsqu'on devient âgé, la libido qui baisse n'est pas le signe d'une perte de quelque chose, mais plutôt de l'élévation de ce feu en une dimension éthérée.


Les anciens, que l'on nomme les vieux, nous témoignent en réalité de cette voie de verticalisation doucement à emprunter pour naître une deuxième fois.



Dans les temps anciens, des déesses étaient spécialement dédiées à la sexualité.

La reliance à leur essence avait pour vocation de nous accompagner à verticaliser cette énergie. Par exemple, un homme était initié à la contemplation/communion avec une déesse comme Aphrodite afin que celle-ci l'initie à reconnaître cette essence du féminin en lui.

Ainsi, la déesse guidait pour l'union au divin, au Christ en soi, permettant de renaître dans cet axe vertical.


Jade Rosenbaum

 
 
 

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